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Le potlatch est une institution de type agonistique par laquelle des groupes sociaux s’obligent mutuellement en échangeant des biens, des prestations ou des rites

20 فبراير

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Le mot “potlatch” est emprunté à une langue amérindienne étudiée par l’anthropologue américain Franz Boas. Il a été retenu pour décrire une institution présente dans les sociétés indiennes du Nord-Ouest américain (Tlingit, Haïda, Tsimshian et Kwakiutl). Ces sociétés se dispersent en été, et se réunissent en hiver dans des villes où se déploie une vie sociale intense. Elles ont connu à la fin du 19è sècle un enrichissement lié au commerce des produits de la pêche. Mauss étend le concept de potlatch et le systématise : c’est une fête qui rassemble une ou plusieurs tribus, au cours de laquelle elles échangent des cadeaux et vont jusqu’à détruire les richesses. Les chefs rivalisent en générosité pour s’imposer dans une hiérarchie instable, susceptible d’être remise en cause à chaque cérémonie. Par leur mépris pour les richesses, ils expriment le prestige ou la force magique (mana) qu’ils attachent à leur prestige ou leur honneur.

L’hôte offre des cadeaux et en reçoit. Chaque invité de marque doit à son tour inviter et recevoir. En principe, aucun des potlatch n’est la contrepartie du précédent; mais en pratique il s’agit d’une lutte pour le pouvoir qui n’affecte pas seulement les biens et les richesses, mais aussi les politesses, les festins, les rites, les services, les femmes, les enfants, les danses, etc… – et aussi les dieux. Mauss parle de “prestation totale”. Sous l’apparence du cadeau offert généreusement, il y a obligation et intérêt économique; les fratries se montrent respect mais s’affrontent, y compris jusqu’à mort d’homme, en mettant en jeu la totalité de ce qu’elles possèdent.

 

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